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Qu'est-ce que la propolis ? |
1) Définition de la propolis —
Voici la définition que nous avons proposé il y a déjà de nombreuses années et qui est aujourd'hui définitivement reconnue :
"La propolis désigne toute une série de substances résineuses, gommeuses et balsamiques, de consistance visqueuse, recueillies par les abeilles sur certaines parties de végétaux (essentiellement les bourgeons et les écorces de certains arbres), substances qu'elles rapportent à la ruche et qu'elles modifient vraisemblablement en partie par l'apport de certaines de leurs propres sécrétions (cire et sécrétions salivaires principalement)."
Dans nos régions, les principales essences d'arbres connues pour être productrice de propolis sont représentées par différents conifères : pin, sapin, épicéa, plusieurs espèces de peupliers (qui semblent être la source la plus importante), l'aune (ou aulne), le saule, le marronnier d'Inde, le bouleau, le prunier, le frêne, le chêne et l'orme.
Le mot propolis vient du grec : pro, qui signifie : en avant, et de polis : la ville ou la cité. Pourquoi "avant la ville" ? De quelle "ville" ? L'interprétation la plus vraisemblable est que la propolis se trouvant amassée, en partie, à l'entrée de la ruche, on ait ainsi baptisé poétiquement cette substance se trouvant juste "à l'entrée de la ville des abeilles".
La propolis est une substance essentielle à la vie de la ruche que les abeilles utilisent à de nombreuses finalités :
• Pour construire justement cette véritable barrière de défense située juste en arrière du trou de vol
destinée à contrôler l'arrivée d'éventuels ennemis, et à laquelle la propolis doit son nom.
• Pour colmater et obstruer fentes et fissures, afin de rendre la ruche bien hermétique avec la meilleure
isolation thermique possible.
• Pour réduire, de façon plus ou moins importante, l'ouverture du trou de vol en fonction des variations
climatiques.
• Pour réparer les rayons en mauvais état et consolider en général tout ce qui paraît aux abeilles d'une
solidité douteuse (c'est d'ailleurs dans cet esprit qu'elles collent entre eux les cadres mobiles de la ruche,
ce qui n'arrange pas particulièrement les apiculteurs).
• Pour vernisser l'ensemble des surfaces intérieures de la ruche afin d'en supprimer les aspérités.
• Pour recouvrir d'une très fine pellicule les nouveaux rayons ainsi que l'intérieur des cellules avant que la
reine ne vienne y pondre, ce qui constitue une désinfection efficace (sorte de stérilisation).
• Enfin, pour enduire et recouvrir totalement, combinée avec de la cire, les petits animaux ou insectes ayant
pénétré dans la ruche et qui, après avoir été tués ne peuvent pas être évacués au dehors par les abeilles,
véritable embaumement qui s'oppose à tout processus de décomposition putride qui mettrait la vie de la
ruche en grand danger.
2) Aspect et propriétés physico-chimiques de la propolis —
— La propolis se présente sous l'aspect d'une substance :
• de consistance variable en fonction de la température, dure et friable à 15° C, elle devient molle et
malléable aux alentours de 30° C, puis collante ou gluante au dessus, jusqu'à fondre en moyenne vers
60-70° C (parfois 100° C et au delà) ;
• de couleur très variable selon sa provenance, allant du jaune clair au brun très foncé, presque noir, en
passant par toute une gamme de bruns variés (brun rougeâtre, brun verdâtre, etc.) ;
• de saveur souvent âcre et parfois amère ;
• d'odeur variable selon son origine botanique, mais en général agréable et douceâtre, et si elle est brûlée
elle dégage une odeur très délicate liée aux résines aromatiques qu'elle contient ;
• enfin, chauffée doucement au bain-marie, elle se divise en deux parties bien distinctes : l'une qui tombe
au fond du récipient, l'autre liquide qui surnage à la surface qui correspond à la cire de propolis et qui
trouve de nombreux usages dans le domaine apicole.
— Sa structure microscopique est dorénavant bien connue avec des microstructures identiques en nombre
limité pour des propolis d'origines très différentes.
— La propolis est insoluble dans l'eau à froid, mais elle l'est partiellement par certains procédés (ébullition à
reflux par exemple) ; elle est partiellement soluble dans l'acétone, l'alcool, l'ammoniaque, le benzène, le
chloroforme, l'éther, le trichloréthylène, etc., et seul un mélange adéquat de différents solvants permet de
dissoudre la quasi-totalité de ses composants.
3) Composition analytique de la propolis —
Au cours des dernières décennies, les techniques modernes d'analyse scientifiques ont permis d'avoir une idée assez précise de la composition qualitative et quantitative de la propolis. Nous nous bornerons toutefois à vous donner ici la seule composition qualitative, pratiquement constante et connue de façon quasi-complète, additionnée seulement de quelques pourcentages moyens des constituants les plus importants, chiffres issus des toutes dernières investigations analytiques réalisées.
La propolis recueillie dans la ruche est constituée globalement de :
• 50 à 55% de résines et baumes, soit environ les deux tiers.
• 30 à 40% de cire.
• 5 à 10% d'huiles volatiles ou essentielles.
• 5% de pollen (les grains de pollen présents dans la propolis le sont par accident, au même titre que ceux
retrouvés partout dans la ruche).
• 5% de matières diverses.
Les différents constituants identifiés à ce jour sont les suivants :
• Acides organiques : benzoïque et gallique.
• Acides-phénols : caféique, cinnamique, férulique, isoférulique, p-coumarinique.
• Aldéhydes aromatiques : vanilline, isovanilline.
• Coumarines : esculétol, scopolétol.
• De très nombreux flavonoïdes :
- Flavones : acacétine, chrysine (à l'origine de la couleur jaune de la propolis et de la cire),
pectolinarigénine, pinocembrine, tectochrysine.
- Flavonols : galangine, izalpinine, kaempféride, quercétine, rhamnocitrine.
- Flavonones : pinostrobine, sakuranétine.
- Flavononols : pinobanksine.
Ce nombre important de flavonoïdes qui ont de multiples et intéressantes propriétés thérapeutiques
explique certaines actions de la propolis.
• Un grand nombre d'éléments minéraux (dont certains sous forme d'oligo-éléments) : aluminium,
argent, baryum, bore, chrome, cobalt, cuivre, étain, fer, magnésium, manganèse, molybdène, nickel,
plomb, sélénium, silicium, strontium, titane, vanadium et zinc.
• Vitamines : carotène ou provitamine A (qui se transforme en vitamine A dans l'organisme) et certaines
vitamines du groupe B, tout particulièrement la vitamine B3 (PP) ou nicotinamide.
• Et de nombreux autres constituants divers, parmi lesquels : le xanthorrhéol, le ptérostilbène, des
lactones, des polysaccharides, des acides aminés, des acides coumarinique, gentisique, hydrocaféique et
salycilique.
La composition de la propolis est donc très riche mais extrêmement complexe, et il faudra encore de nombreuses années de recherche pour en avoir une connaissance absolument parfaite et établir de façon précise les éléments qui y sont retrouvés de façon constante quelle que soit son origine botanique, sans qu'il soit d'ailleurs certain qu'une telle systématisation soit possible.
4) Récolte et conservation de la propolis —
— Au niveau de la ruche, la récolte de propolis est faite par un nombre relativement restreint d'abeilles
ouvrières butineuses spécialisées dans cette activité. Elle a lieu en début de saison au printemps, mais
le plus souvent à l'approche de l'automne au moment où la colonie commence ses préparatifs d'hivernage. Il
faut cependant que les journées soient encore chaudes, et c'est au moment où le soleil est le plus chaud
que les abeilles l'exploitent le plus car la propolis est alors tendre et malléable. La butineuse attaque d'abord
les substances résineuses ou gommeuses avec ses mandibules, puis étire la particule saisie jusqu'à la rompre,
et elle constitue progressivement une petite pelote de propolis (plus petite que celle de pollen, ce qui est
normal puisque le pollen est plus léger à volume égal) logée dans ses pattes postérieures (3ème paire) qu'elle
ramène à la ruche où des abeilles magasinières vont la stocker ou l'utiliser immédiatement s'il y a nécessité
de le faire.
— Comment l'homme, lui, récolte-t-il la propolis ? Dépourvu quant à lui de mandibules adaptés et,
surtout, de l'infinie patience des abeilles, il ne peut la récolter qu'à la ruche. Pour cela, l'apiculteur utilise
diverses techniques :
• Le classique raclage et grattage des cadres ou des parois de la ruche, de préférence par temps froid
où la propolis dure et friable se détache mieux. Ce procédé a pour inconvénient de fournir une propolis
souillée de nombreuses impuretés qu'il faut éliminer par la suite.
• Surtout dorénavant, la mise en place de différents dispositifs (notamment celle d'une grille moulée en
matière plastique souple ou en acier inoxydable posée au dessus des rayons de la ruche, dont les abeilles
s'empressent d'obturer les orifices avec de la propolis) qui permettent une récolte facile de propolis pauvre
en cire et en impuretés, donc de bien meilleure qualité.
Grâce à ce système, parfaitement maîtrisé par les apiculteurs professionnels spécialisés dans la production de propolis, il en est recueilli ainsi environ 300 grammes par ruche et par an, ceci évidemment sans gêner le moins du monde la vie de la colonie.
Dés son prélèvement, la propolis est stockée dans des contenants adaptés bien fermés. Sa conservation ne pose aucun problème particulier et n'impose aucun impératif si ce n'est de la garder à l'abri de la lumière et surtout de la chaleur.
Ajouté le 23/04/2013 par A.B..A -
