Les associations de légumes au potager

Les associations de légumes au potager 

 

Les plantes du potager sont comme les individus d’un quartier avec leurs relations de voisinage : cela va de la bonne entente cordiale à l’inimitié la plus extrême (effets allélopathiques chez les plantes et légumes du potager). En tant que grand maitre du potager c’est à vous de faire régner  l’ordre et la bonne entente entre vos légumes. Il y a de bonnes et de mauvaises associations entre les légumes mais également des associations avec d'autres plantes du jardin comme les aromatiques ou les fleurs.

 

Pour imager, considérez que vous faites un plan de table pour un mariage. Vous devez placer tout ce petit monde dans la même salle (le potager), mais vous savez que vous ne devez pas mettre la grand-mère Gertrude à coté de l’oncle Robert faute de quoi vous frôleriez l’incident diplomatique…

De même les mariages peuvent permettre de faire se rencontrer la copine célibataire de la mariée avec le frère du marié.

 

Dans le potager chaque plante a une influence sur sa voisine et cela pour plusieurs raisons. La plante peut produire des substances allélopathiques qui gênent la concurrence (autres plantes) ou encore qui  éloignent les ravageurs nuisibles à sa voisine. Les fabacées (ex légumineuses) piègent l’azote de l’air grâce à des nodules sur leurs racines qui, en se décomposant en cours de culture, nourrissent là encore les voisines, etc.

 

L’allélopathie ou la relation d’amour/haine entre les plantes.

 

L’allélopathie est l’ensemble des effets inhibiteurs ou au contraire stimulants que les plantes exercent les unes sur les autres. Il s’agit d’effets qui sont le résultat de la sécrétion de substances biochimiques par certaines parties des végétaux (en général les racines) : c’est de la science et pas de la superstition de jardinier rêveur.

 

Ces substances peuvent avoir de nombreux effets au potager comme la toxicité d’une plante sur elle-même (résidus) ou sur une plante voisine (cultivée ou adventice), effet des résidus de culture sur la culture suivante (lors des rotations), actions sur la nutrition des végétaux,…

 

Au potager tous ces phénomènes sont à prendre en compte avant de planter.

 

Cultures propres et cultures salissantes.

 

Les cultures en fonction de leur antipathie pour certaines concurrentes peuvent s’avérer « propres » en éliminant (ou tout au plus en freinant) les mauvaises herbes (adventices) et au contraire d’autres sont considérées comme salissantes (développement d’adventices).

 

Ce phénomène est accentué par les différentes opérations culturales (binages, buttage) ainsi que par la durée de ces cultures : plus elle est longue plus les « mauvaises herbes » s’installent durablement.

La pomme de terre a la réputation d’être une culture propre mais cet effet est à relativiser : n’espérez pas désherber complètement votre potager en l’introduisant dans la rotation.  A l’inverse la carotte et lamâche sont considérées comme des cultures « salissantes ».

 

Nourrir les plantes voisines : les fabacées

 

Utilisées fréquemment comme engrais vert les plantes de la famille des fabacées ont la particularité de fixer l’azote de l’air grâce à des bactéries contenue dans des nodosités au niveau des racines. C’est ce que l’on appelle la fixation symbiotique de l’azote.

 

Les pois et le lupin font partie de cette famille. Alors pourquoi ne pas intercaler un rang de petit pois ou encore plus original un rang de lupin entre deux cultures de légumes. En effet en plus d’être joli les racines de lupin se dégradant au fur et à mesure de leur croissance feront profiter les légumes voisins de l’azote contenu dans ces dernières.

 

La monoculture favorable aux maladies et ravageurs

 

S’il y a une chose dont on s’est rendu compte ces 30 dernières années c’est que la monoculture, c'est-à-dire la culture d’une même espèce sur une grande surface, rend les plantes plus vulnérables aux maladies et ravageurs de toutes sortes.

 

En effet l’alternance des genres dans l’espace et dans le temps permet de freiner considérablement la progression et la prolifération des nuisibles et maladies.  Au contraire la répétition de culture de plantes sensibles à un insecte, un champignon ou encore à un nématode spécifique contribue à faire augmenter  le nombre de ces derniers dans le sol du potager (sélection). Intercaler dans une rotationdes légumes qui les défavorisent aura l’effet inverse : on pourrait presque dire que l’on assainit le terrain en apportant de la biodiversité dans la microfaune et flore du sol.

 

Les sélectionneurs et créateurs de variétés légumières utilisent ce principe pour créer des cultivars résistants à certaines maladies. Grâce à la sélection ces nouvelles variétés produisent en général des substances qui inhibent par exemple la germination des spores de champignons pathogènes ou encore le développement des nématodes (vers microscopiques). Ces résistances n’empêchent nullement la pratique d’une rotation des cultures car la biodiversité génétique d’une espèce ne se substitue pas à la biodiversité tout court.

 

Une erreur que commet souvent le jardinier débutant est d’effectuer une alternance de culture dans l’espace et le temps en utilisant des plantes qui lui semblent différentes (tomates et pommes de terre par exemple) mais qui pourtant ne le sont pas car de la même famille (solanacées dans l’exemple). D’où l’intérêt d’avoir quelques notions de botanique…

 

Des plantes qui repoussent les ravageurs

 

Certaines plantes possèdent des vertus répulsives sur certains insectes en raison de la présence de composées chimiques particuliers dans leurs feuilles, tiges ou racines (huiles essentielles, sulfures, ecdystéroïdes,…). Certaines de ces plantes sont des aromatiques (romarin, thym,..), des ornementales (tagetes, lavandes, ricin,...) ou d’autres légumes (oignon, carotte, épinard,…).

En mélangeant toutes ces plantes de manière intelligente dans le potager on peut considérablement gêner les ravageurs en les désorientant, en leur coupant l’appétit (effet antiappétent) ou encore en les incommodant.

 

Toutes ces propriétés sont utilisées également dans la préparation d’extraits végétaux.

 

Biodiversité au potager

 

J’ai parlé de la biodiversité au potager par l’alternance de cultures évitant la sélection de ravageurs ou maladies à problème. Mais il n’y a pas que l’effet répulsif entre plantes et pathogènes de la voisine qui est intéressant. En effet on peut introduire des plantes qui ont un effet attractif sur la faune auxiliaire. Cette dernière peut avoir un effet utile (butineurs assurant la pollinisation) ou protecteur (prédation des nuisibles) sur l’ensemble du potager.

 

L’implantation d’une ou de plusieurs bandes fleuries entre les rangs ou en ceinture du potager peut avoir de grands effets en attirant la faune utile (auxiliaires). Il existe des mélanges de fleurs sauvages très étudiés ciblant des ravageurs spécifiques en attirant ou en « fixant » leurs ennemis naturels (dans la gamme de Novaflore il existe des mélanges anti-doryphores par exemple).

 

Les associations: un phénomène complexe

 

Trouver les bonnes associations peut paraitre compliqué à réaliser de même que rompre un équilibre peut être simple et extrêmement rapide. Il faut prendre en compte ce qui se passe en aérien, sur et dans le sol, les phénomènes d’attraction/répulsion entre plantes et plantes, entre plantes et insectes, la chaine alimentaire chez les insectes,…

 

Toutes ces relations représentent l’écosystème de votre potager et plus largement de votre jardin. Et plus l’écosystème est riche et complexe, plus il est stable, atténuant ainsi les problèmes de santé de vos plantes légumières.

 

 



Ajouté le 19/06/2013 par A.B..A - 0 réaction

Réagir


CAPTCHA